Développement personnel & Psychologie

La surefficience mentale : l’acceptation ou lutter ?

Aujourd’hui je voulais vous parler d’un sujet qui concerne certains d’entre vous et qui me caractérise également depuis ma tendre enfance : la surefficience mentale. Depuis très jeune j’ai compris que mon cerveau prédominait dans mon existence. Penser tout le temps … trop penser … analyser … sur-analyser … détailler toutes les caractéristiques d’une situation … Je vous avais déjà évoqué cela dans mon article « Trop penser ! La nature source d’ancrage » mais je voulais donner une autre dimension à ce sujet. Doit-on finalement apprendre à vivre avec, se résoudre ainsi à l’acceptation d’avoir un cerveau constamment en ébullition ou lutter et se forcer à lâcher prise?

La surefficience mentale c’est quoi ? certaines personnes ont l’impression de «venir d’une autre planète » car dotées d’un mental trop envahissant qui peut devenir souffrance au quotidien, ce qu’elle dénomme « la surefficience mentale » (30 à 15 % de la population). Celle-ci se caractérise par des capteurs sensoriels hypersensibles et un câblage neurologique différent où le raisonnement est régi par l’hémisphère droit (émotions, affectif, intuitif, créatif). Le sur-efficient doit donner du sens à tout donc la spiritualité leur est indispensable tout comme le besoin de justice, d’intégrité, d’authenticité, …

Mon cerveau mon ennemi ?

Pour ma part si je devais vous évoquer mon ressenti je vous dirais que mon cerveau est souvent mon pire ennemi. Il m’emmène loin, beaucoup trop loin … J’ai parfois l’impression qu’il ne me laisse jamais en paix, qu’il cherche toujours à suractiver une pensée en moi. Il est comme un envahisseur dans mon propre corps. Je pense trop et tout le temps. Même en effectuant une tâche bien précise, même en pratiquant un sport … mon cerveau tourne en boucle. Il m’arrive même parfois de rester assise juste à penser car je dois décortiquer une situation. Et quand un problème se confronte à moi c’est catastrophique pour mon cerveau. Mes émotions sont décuplés, mon cerveau bouillonne et j’ai l’impression qu’il va exploser. J’analyserai ainsi pendant des heures voire des jours les micros détails d’une situation, qui m’amèneront vers une autre analyse et celà sans fin. J’étudierai tous les scénaris possibles suite à un évènement ou prise de décision. Une idée me dirigera vers une autre et vers une autre … C’est épuisant mentalement de trop penser oui ! Face à un problème vous décortiquez tous les travers vous apportant très vite une solution certes. Mais à contrario trop penser c’est aussi trop d’émotions, trop de questions, trop de sensibilité, trop d’énergie. Vous percevez tous les détails d’une situation, vous réfléchissez à vitesse grand V pensant parfois que votre entourage fonctionne comme vous ! Et pourtant non chacun n’a pas le même fonctionnement. Chaque expérience qu’elle soit positive ou malheureuse vous plongera dans ce lot incessant de questionnements, ruminations et d’analyse. Oui ça confère en moi une grande capacité d’analyse et une forte empathie. Je suis pour de nombreuses amies une écoute appréciable me rétorquant que j’analyse très vite les situations et leur donne des bons conseils ou des solutions. Mes amies me diront t’aurait dû être psy … Il n’ y pas que des aspects négatifs à trop penser mais je reconnais ma personnalité très complexe malgrés les apparences d’une fille très ouverte. Je cache de nombreuses facettes de ce moi profond … je me suis senti très souvent en décalage … même avec un côté très sociable en apparence je m’avère aussi une grande solitaire … idéaliste et trop humaniste … l’Humain me fascine mais également m’inquiète. La perversité, la manipulation, la dissimulation sont des travers que l’être humain parfois recèlent. Les surefficients souvent considéré comme <vivant dans un monde de bisounours > ont dû mal à accepter cette réalité. De plus les surefficients peuvent parfois décrocher dans des conversations car happé par leur pensée. A l’école c’était infernal pour moi j’avais beaucoup de mal a me concentrer, me canaliser devant 1 h de cours de théorie. Je luttais constamment entre vouloir écouter et être malgré moi happée par ce cerveau prédominant. Heureusement certaines matières m’auront permise de renouer avec l’école comme la philosophie et l’analyse litéraire de livres … en claire des matières ou l’ont peut analyser. Les professeurs ont une grande part a jouer face à ces personnalités. Pour exemple à l’époque une prof en terminale avait compris ma difficulté a me concentrer elle m’avait alors pris sous son aile et grâce à elle je m’étais découvert une vraie facilité pour les maths … j’ai eu d’ailleurs 19/20 aux math au bac je n’en revenais car j’ai toujours été très moyenne à l’école de manière général. L’accompagnement individuel est tellement important et malheureusement nos écoles n’ont pas toujours les moyens financiers ou humains de le faire…

J’ai du mal à vivre avec. J’aimerai ainsi appuyer sur pause, pouvoir déconnecter mon cerveau … et je crois avoir eu de très rare moment dans ma vie à avoir réussi à faire le vide dans ma tête. Cette grande curiosité mentale passionnante également me conduit aussi à une grande sensibilité. C’est comme torturer son esprit et le presser de manière incessante afin de trouver la vérité, une solution ou bien une explication. Vos émotions sont ainsi décuplés. … votre cerveau multi tache arbora de nombreuses pistes de réflexion en même temps … ce qui est épuisant. Les surefficients sont considérés comme ayant un mode de pensée complexe contrairement aux normaux-pensants. Il y a tellement de sujets qui tournoient dans ma tête. On pourrait imager cela avec un sujet initial ou une réflexion et des flèches qui partiront dans tous les sens vers d’autre sous-sujets etc etc … sans fin. L’inconnu m’effraie car j’aime pouvoir tout maîtriser et tout comprendre. « Tout comprendre » cela raisonne pour moi comme une obsession. Et dans la vie malheureusement nous n’avons pas toujours la réponse à nos questions … vous imaginez l’angoisse pour les surefficients … Un ostéopathe magnétiseur m’aura dit un jour : « vous êtes votre propre ennemi j’ai beau vous soulager votre dos ça reviendra car vous penser trop. Ça chauffe trop la haut et les énergies sont bloqués la haut  » Heureusement ce qui se passe entre mon cerveau et moi est une relation secrète et je n’embêterai jamais ainsi trop mon entourage avec tous mes questionnements intérieurs … Et je pense même que certains face à ma personnalité calme et joyeuse n’imaginerai pas une seconde cette part sombre de moi.

Vivre avec un cerveau en ébullition vous donnera parfois des maux de têtes, des blocages physiques. Combien de fois j’ai dû aller chez l’ostéo car j’avais des maux de dos généré par mon cerveau hyperactif. Mon vrai fléau du moment est le sommeil. Depuis 2 ans ma vie fut considérablement changé et même si je me vois renaître et que tout va mieux, mon cerveau continue ces éternelles ruminations. Car oui que ce soit dans des périodes joyeuses ou sombres les surefficients mentaux ne s’arrêtent jamais voyons. Et même dans une situation heureuse mon cerveau pourra toujours trouver l’aspect sombre car il aura voulu analyser toutes les issues ou scénaris possibles. Depuis plus d’1 an j’ai un gros problème de sommeil … mon cerveau étant encore plus en activité la nuit il m’arrive parfois de ne dormir que 3h comme ça été le cas cette semaine à 2 reprises. Je me résout donc à utiliser des somnifères parfois mais rêverai d’une nuit plus continue.

Vivre avec ?

J’aime la culture bouddhiste et tous ses préceptes de temps présent, détachement, lâcher prise. Mais ça m’est extrêmement difficile de les appliquer. Je pratique pourtant de l’hypnose et de la méditation depuis plus de 2 ans pour m’aider à lâcher prise. Ça m’a beaucoup aidé à retrouver la paix intérieure mais pas stoppé cette sur-analyse continuelle de mon cerveau. Et finalement si j’arrêtais de vouloir lutter contre ma vraie nature profonde. Je suis née comme celà. J’ai toujours beaucoup pensé … même enfant je me remémore ce besoin que j’avais parfois de m’isoler pour réfléchir ou analyser. Même en couple il m’arrivait ainsi de ne pas décrocher un mot en voiture et non parce que je faisais la tête bien au contraire … juste ce besoin de silence pour vaquer à mes réflexions. Alors pourquoi vouloir absolument éradiquer ce trait qui fait partie intégrante de moi. C’est en effet contradictoire car j’aimerai ne plus autant penser car parfois cela me ronge et me génère des angoisses inutiles mais j’aime aussi profondément celà car cela me confère une meilleure clairvoyance et lucidité. Un certain recul sur les évènements, une prise de décision difficile mais au moins réfléchie … Pourquoi le voir comme un handicap et pas plutôt comme une force … On dira des surefficients mentaux qu’ils ont une hypersensibilité, hyperaffectivité, hyperempathie, hyperlucidité et un idéalisme. Etre dans l’acceptation que son cerveau prédomine et que cela entraine un coté « trop » chez vous. Trop pleins d’émotions, de sensibilités, d’idées …. Et ce qui me dérange c’est ce « trop » ou cet « hyper » qui vous fera penser que vous êtes parfois à part … alors que la norme ne devrait pas être de trop, pas ou pas assez … la norme c’est la société qui l’impose … mais ce n’est pas une vérité absolue …

Lâcher prise ?

Pourquoi s’imaginer sans cesse toutes les situations possibles et ne pas plutôt attendre de voir comment ça se passera !!! Je suis convaincue des bienfaits de la notion de lâcher-prise et de l’instant présent, du « qui vivra verra ». J’ai fais des progrès et j’essaie de me reconnecter via l’ancrage à la notion du temps présent. J’essaie de ne plus trop me poser de questions mais je vous avoue que cela m’est encore un peu étranger. Et je ne suis pas sûre d’y réussir un jour. Ma seule manière de lâcher prise sera d’écrire car je pose par les mots mes pensées. Ce sont comme 2 âmes soeurs qui sont liées : mon cerveau et l’écriture. Elles sont complémentaires et s’apaisent mutuellement. Je me sens complète ainsi car je conjugue mon état d’être et ma passion. Alors je vois ainsi le lâcher prise de manière différente qu’il est défini non pas comme une intention de faire le vide car ça m’est impossible mais plutôt comme une activité qui concurrencera mon cerveau et pourra le dompter. La nature aussi me permettra de canaliser mon cerveau car je suis ainsi animée par la beauté de la nature. Je suis en perpétuel soif de projets ou d’apprentissage ainsi dans ces moments mon cerveau est plus recentré. Je vis très mal l’ennui … car mon cerveau partira dans tous les sens. Et en ce moment je ne travaille pas … j’ai donc du temps pour penser et trop penser … heureusement la spiritualité, la créativité et la nature m’auront grandement aidé face a cette ébullition mentale. Je vous encourage si vous êtes surefficients à développer ces pistes.

Je crois qu’en réalité chacun verra sa manière de vivre avec la surefficience mentale. Je pense qu’il est nécessaire d’être dans l’acceptation que son cerveau tourne à plein régime car c’est une part en vous, ce n’est point une maladie juste un trait qui vous caractérise. Le lâcher-prise interviendra pour vous aider à vivre au mieux avec. Mais vous ne pouvez lutter contre votre suractivité mentale ce serait renier votre propre personnalité.

Si vous vous retrouvez dans cet article n’hésitez pas à partager votre expérience.

6 réflexions au sujet de “La surefficience mentale : l’acceptation ou lutter ?”

  1. Bonjour, je me reconnais dans votre texte et j’ai peut-être une piste pour vous. Car pour ma part je pense que ca vient de peur profondes ou de volontés parentales. Celle de ne pas faillir. Et par extension d’éviter de mourir car on nous l’a interdit. Alors on se met à tout analyser pour tout maîtriser. Si vous lâchez cette peur de faire des erreurs ou de ne pas être parfait et qu’il puisse vous arriver quelque chose, alors vôtre cerveau ralentira certainement.

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    1. Merci pour votre commentaire. Interessant cette piste je vais l’explorer. Il est vrai que j’ai un sens du perfectionnisme exacerbé de peur de ne pas être a la hauteur. Je vais tenter très bonne journée a vous

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  2. Intéressant et bien observé! Je me retrouve moi aussi et en vous lisant je me suis demandé si, quand on se rend compte que notre cerveau « prend toute la place », ce ne serait pas le moment de faire fonctionner davantage notre corps? Mais avec une intensité suffisante qui l’oblige à ne plus nous envahir (et donc génèrerait naturellement ce fameux lâcher-prise dont j’entends parler tout azimut et qui m’est totalement incompréhensible! ^^….) Faudra que je teste ma théorie en situation! Qu’en pensez-vous?

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